L’ours brun a passé une fin d’été active dans les Pyrénées françaises. Le dernier numéro de L’Écho des Tanières, le bulletin du réseau Ours brun piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB), fait le point sur les mois d’août et de septembre 2026. On y apprend que plusieurs ourses accompagnées de leurs petits ont été filmées, de la vallée d’Ossau jusqu’au Comminges.
Plan de l'article
Des traces sur quatre départements #
Selon le bulletin n° 69 publié en octobre par l’OFB, 345 indices indirects de présence de l’ours ont été collectés entre août et septembre 2026. Ils se répartissent sur quatre départements, entre Borce, dans les Pyrénées-Atlantiques, à l’ouest, et Mérens-les-Vals, en Ariège, à l’est.
Ces indices ne sont pas des observations directes. Il s’agit de poils, d’empreintes, de crottes ou de traces laissées sur les arbres, que les agents et les bénévoles relèvent sur le terrain. Une partie vient des 22 itinéraires de prospection parcourus régulièrement, qui ont permis de recueillir 61 indices. Les 26 caméras automatiques installées en forêt ont, elles, enregistré 96 séries de photos et de vidéos.
Des ourses suitées filmées en vallée d’Ossau et en Haute-Garonne #
Les images les plus marquantes concernent les femelles accompagnées de leurs petits. Une vidéo montre une ourse suitée d’au moins un ourson sur le massif du Pic du Gar, en Haute-Garonne.
Le réseau a aussi publié une compilation de six minutes qui rassemble treize séquences filmées au pied d’arbres de marquage. Quatre d’entre elles montrent des ourses suitées : à Laruns, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 12 août puis le 11 septembre, à Moncaup, en Haute-Garonne, le 22 août, et à Fos, dans le même département, le 30 septembre.
La scène de Fos est sans doute la plus attachante de la série. L’ourson y prend la place de sa mère contre le tronc qu’elle était en train de marquer, avant que celle-ci ne vienne renifler la caméra.
Six mâles repérés
Les caméras ont également enregistré six mâles adultes. Ils ont été filmés à Bonac-Irazein le 6 août, à Siguer le 1er août, à Auzat le 13 août et à Couflens le 28 août, quatre communes de l’Ariège. Les deux autres sont passés à Bagnères-de-Luchon, en Haute-Garonne, et à Urdos, dans la vallée d’Aspe, le 30 août. S’y ajoutent un jeune subadulte à Sentein, en Ariège, le 17 août, et deux ours dont le sexe n’a pas pu être déterminé, à Melles le 1er septembre et à Seix le 23 septembre.
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Pourquoi les ours se frottent aux arbres #
Ces images ne doivent rien au hasard. Les caméras sont placées devant des arbres que les ours fréquentent régulièrement. D’après le bulletin, les comportements observés sont surtout du reniflage et du grattage contre les troncs.
Ce marquage sert de moyen de communication : en se frottant à l’écorce, l’animal laisse son odeur et lit celle des congénères passés avant lui. Pour les équipes de suivi, ces arbres sont précieux. Ils permettent de filmer les ours sans les déranger et de récolter des poils accrochés à l’écorce.
Une population qui continue de progresser #
Ces relevés de fin d’été prolongent une année déjà riche. Le bulletin précédent, consacré à la période de janvier à juillet 2026, faisait état de 685 indices indirects collectés sur six départements des Pyrénées françaises.
Pour avoir une vue d’ensemble, il faut se reporter au rapport annuel « Ours infos 2025 » publié en mars. Le suivi transfrontalier y recense 3 287 indices indirects collectés en 2025. Le document conclut à une tendance générale à l’augmentation de la population, de 11,53 %.
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L’effectif exact pour 2026 ne sera connu qu’avec le prochain rapport annuel.
Ce que cela change pour les promeneurs #
À l’approche de l’hiver, les ours cherchent à accumuler des réserves avant de rejoindre leur tanière. Les randonneurs et les cueilleurs qui parcourent les forêts pyrénéennes à l’automne ont donc plus de chances qu’en plein été de tomber sur des traces fraîches.
Le réseau Ours brun s’appuie aussi sur ces témoignages. Une empreinte, une crotte ou un arbre griffé peuvent lui être signalés : c’est ainsi que se construit, saison après saison, la connaissance de cette petite population. Les bulletins de L’Écho des Tanières sont consultables gratuitement sur la page du réseau sur le site de l’OFB.




