Se reconvertir dans le numérique : l’étude de l’Apec qui nuance l’image d’eldorado

Se reconvertir dans le numérique reste possible, mais le chemin est plus long, plus exigeant et parfois moins bien payé que ne le laisse croire l’image du secteur. C’est la conclusion d’une étude qualitative de l’Apec publiée le 8 octobre, qui a suivi des cadres passés par cette bifurcation.

En bref
• L’Apec a mené 52 entretiens approfondis avec Viavoice, entre février et mai 2026.
• Le diplôme, les stages et le réseau pèsent lourd à l’embauche.
• Certains reconvertis acceptent un salaire inférieur à leur emploi précédent.
• Les profils expérimentés se retrouvent parfois en position de junior.

Que dit l’étude de l’Apec ? #

L’Association pour l’emploi des cadres a interrogé, avec l’institut Viavoice, 32 cadres reconvertis, 8 non-cadres devenus cadres après leur reconversion, 8 managers et 4 organismes de formation. Chaque entretien a duré au moins une heure. Selon le Blog du Modérateur, les reconvertis interrogés avaient au moins cinq ans d’expérience avant de changer de voie.

Il s’agit d’une étude qualitative : elle ne mesure pas de proportions, mais raconte les motivations, les obstacles et les parcours. C’est justement ce qui la rend utile pour qui envisage le saut.

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Pourquoi le numérique attire-t-il autant ? #

Avant de franchir le pas, la plupart des personnes interrogées voyaient le secteur comme un eldorado : métiers en croissance, pénurie de candidats, bons salaires, carrières rapides. Le télétravail compte aussi, surtout pour les anciens non-cadres.

D’autres motivations reviennent : une vraie passion pour le numérique, l’envie de rebondir ou de retrouver du sens. Les formations courtes, de moins d’un an, ont rassuré une partie des candidats sur la faisabilité du projet.

Où se situent les difficultés ? #

La formation, une « jungle »

Le rapport qualifie l’offre de formation de « jungle » : niveaux, valeur des certifications et réputation des organismes sont difficiles à comparer. Les cursus universitaires sont jugés théoriques et lourds, les bootcamps intenses et compressés. Les profils sans bagage scientifique ou technique doivent redoubler d’efforts.

Le financement est un autre poste de tension. Les reconvertis mobilisent le CPF, des aides régionales, Transitions Pro, France Travail et souvent leur épargne personnelle.

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Des débuts éprouvants

Une fois en poste, beaucoup décrivent un décalage entre la formation et les exigences du quotidien, une période de stress et de doutes. D’après Hellowork, le télétravail intégral ou le placement chez un client, fréquent dans les entreprises de services numériques, rendent ces débuts plus difficiles. Les grandes entreprises, mieux outillées pour intégrer leurs recrues, offrent un cadre plus rassurant.

Qu’est-ce que cela change pour sa carrière et son salaire ? #

Le point le plus sensible pour un cadre installé : certains reconvertis acceptent une rémunération inférieure à celle de leur emploi précédent. L’étude ne donne pas de montants, mais le message est clair : la reconversion est un investissement, pas un ascenseur immédiat.

L’âge pèse aussi. Les profils les plus âgés se retrouvent parfois en position de junior malgré leur expérience. À l’embauche, le diplôme, la qualité du stage ou de l’alternance et le réseau comptent beaucoup. En revanche, le savoir-être acquis dans une vie professionnelle antérieure fait souvent la différence.

Les recherches d’emploi aboutissent généralement, et plus vite dans les spécialités en tension comme la sécurité du cloud, le machine learning ou l’ingénierie des données.

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Le marché est-il encore porteur ? #

Le contexte invite à la prudence. Selon l’Apec, citée par Hellowork, les recrutements de cadres dans les activités informatiques ont reculé de 18 % en 2024, puis à nouveau en 2025. L’association anticipe un rebond de 5 % en 2026, sans garantie au vu de la conjoncture.

L’Apec conclut sur la nécessité d’un apprentissage continu et d’un accompagnement dans la durée. Autrement dit, l’effort ne s’arrête pas le jour de l’embauche : l’autoformation continue souvent sur le temps personnel.

Notre lecture #

Pour un projet de reconversion, l’étude donne trois réflexes concrets. Choisir une formation reconnue sur le marché, avec une vraie part de pratique en stage ou en alternance. Prévoir un matelas financier pour absorber une éventuelle baisse de salaire. Et viser une spécialité en tension plutôt qu’un intitulé à la mode.

Questions fréquentes #

Sur quoi repose l’étude de l’Apec sur la reconversion numérique ?
Sur 52 entretiens d’au moins une heure menés avec Viavoice entre février et mai 2026 : 32 cadres reconvertis, 8 non-cadres devenus cadres, 8 managers et 4 organismes de formation.
Gagne-t-on plus après une reconversion dans le numérique ?
Pas forcément au début. L’Apec relève que certains reconvertis acceptent un salaire inférieur à celui de leur emploi précédent.
Quels critères comptent à l’embauche ?
Le diplôme, la qualité du stage ou de l’alternance et le réseau pèsent lourd, tandis que le savoir-être acquis auparavant fait souvent la différence.

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