Plantations d’automne : pourquoi novembre est le mois en or au jardin

Les feuilles tombent, les premières gelées s’annoncent, et beaucoup de jardiniers rangent déjà leurs outils. Erreur de débutant : la fenêtre qui s’ouvre maintenant, entre la fin octobre et la Sainte-Catherine, est l’une des plus précieuses de l’année. C’est le moment où la terre, encore tiède des réserves de l’été et régulièrement arrosée par les pluies, accueille le mieux les nouvelles plantations.

« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » #

Le vieux dicton n’a rien d’une superstition. Autour du 25 novembre, les arbres et arbustes caducs sont entrés en repos végétatif : la sève ne circule presque plus dans les parties aériennes, et toute l’énergie de la plante peut se concentrer sur une seule mission, s’enraciner. Comme le rappelle ConsoGlobe dans son dossier sur les plantations d’automne, un sujet planté en cette saison dispose de tout l’hiver pour installer son système racinaire, et démarre au printemps avec une longueur d’avance sur un sujet planté en mars.

C’est aussi la pleine saison des arbres vendus en racines nues : fruitiers, rosiers, arbustes de haie. Moins chers que leurs équivalents en conteneur, ils reprennent remarquablement bien à condition d’être mis en terre rapidement après l’achat, hors période de gel.

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Préparer le trou avant l’arbre #

La réussite d’une plantation de novembre se joue en grande partie avant la mise en terre. L’idéal est de creuser le trou quelques semaines à l’avance, en mélangeant la terre extraite avec du compost bien mûr. La terre ainsi ameublie se réchauffe, s’aère, et les racines y progressent sans effort.

Le jour J, trois gestes font la différence :

Praliner et positionner

Pour les racines nues, un pralin (mélange de terre, d’eau et de compost) enrobe les racines et facilite le contact avec le sol. Le point de greffe des fruitiers doit rester au-dessus du niveau du sol.

Arroser, même sous la pluie

Cela surprend toujours, mais un arrosage abondant à la plantation n’a pas pour but d’hydrater la plante : il sert à plaquer la terre contre les racines et à chasser les poches d’air. Même en novembre, même sous la bruine, on arrose copieusement.

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Pailler généreusement

Une couche de paillage au pied du jeune arbre protège les racines des coups de froid de l’hiver et limite la concurrence des herbes au printemps. Feuilles mortes, broyat de branches, paille : tout ce que l’automne offre gratuitement fait l’affaire.

Au potager aussi, la saison continue #

Le potager de novembre n’est pas un potager mort. L’ail, les oignons blancs, les échalotes et les fèves se plantent encore en ce moment dans la plupart des régions, comme le détaille ConsoGlobe dans son guide du potager d’automne. Ces cultures rustiques passeront l’hiver en terre et offriront des récoltes précoces, bien avant les semis de printemps.

C’est aussi le grand moment du nettoyage : on retire les cultures épuisées, on évacue les feuillages malades (jamais au compost), et on nourrit le sol. Un apport de compost ou de fumier en surface, simplement griffé, sera digéré par la vie du sol pendant tout l’hiver. Au printemps, la terre sera prête sans un coup de bêche.

Tailler ou ne pas tailler ? Le débat de l’automne #

Sur la taille, les jardiniers se divisent. Certains profitent de la chute des feuilles pour restructurer arbres et arbustes, la silhouette étant enfin lisible. D’autres, comme le rappelle Jardiner Malin dans sa fiche des travaux d’automne, déconseillent les tailles sévères à cette saison : les plaies cicatrisent mal à l’approche du froid et les repousses éventuelles seraient grillées par les premiers gels.

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La position raisonnable tient en une phrase : en automne, on retire le bois mort, les branches malades ou cassées, et on garde les grandes tailles de formation pour la fin de l’hiver, hors gel. Les arbustes à floraison printanière, eux, ne se taillent de toute façon qu’après leur floraison, sous peine de supprimer les boutons déjà formés.

Penser déjà au printemps #

Novembre est enfin le mois des investissements invisibles. Les bulbes de tulipes, narcisses et crocus plantés maintenant exploseront en mars. Les engrais verts semés sur les parcelles libres protégeront la terre de l’érosion hivernale. Et comme le souligne Futura Sciences, c’est précisément maintenant que se prépare le jardin de printemps : un sol couvert, nourri et planté en automne rend au centuple ce qu’on lui a confié.

Alors avant de remiser la bêche pour de bon, offrez-vous une dernière séance au jardin. Votre futur vous du mois d’avril vous dira merci.

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